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EDITION
JUIN/SEPTEMBRE 2011


SOMMAIRE

EDITORIAL
Certifions!
Certifions!


FMC
A propos de la prise en charge psychiatrique actuelle des patients souffrant d'Hépatite C

PSYCHIATRIE D'URGENCE
Situation de rupture de soins et urgences psychiatriques. Etude à travers la réalité d'une semaine de consultations au CPOA

THERAPEUTIQUE
Penfluridol: le retour

ASSOCIATIONS
Association de personnes concernées par le tremblement essentiel (APTES)


PSYCHOTHERAPIE
Désorganisation clinique et biologique des rythmes dans la dépression: solutions thérapeutiques


FICHES DE LECTURE

La psychologie du risque
Jean-Pascal Assailly
Préface de Claude Got

Editions TEC & DOC Lavoisier, 90 €



Cet ouvrage vise à une revue la plus complète possible des connaissances sur la psychologie du risque ; pour cela, sont envisagées les trois grandes perspectives de l’approche théorique de ce concept.
La perspective psychologique proprement dite: on perçoit comment les modèles ont évolué, en partant d’une conception initiale fondée sur la rationalité, le raisonnement, vers une vision contemporaine du risque qui intègre l’intuition et l’émotion. Ensuite, est abordé l’autre volet de la perspective psychologique, la psychologie différentielle du risque: il s’agit alors de comprendre les facteurs qui expliquent pourquoi certains individus prennent plus de risques que d’autres, pourquoi nous sommes différents les uns des autres sur ce plan. La perspective biologique si le fait psychologique ne saurait être réduit à son substrat biologique, les travaux en neurobiologie, en neuropsychologie, en imagerie cérébrale et en génétique du comportement ont produit tellement de connaissances récentes que la psychologie du risque ne peut plus les ignorer, afin que les modèles théoriques ne soient pas incohérents les uns vis-à-vis des autres. On comprend ainsi quelles sont les aires et les mécanismes impliqués dans la prise de risque, la recherche de sensations, les phénomènes tels que l’augmentation de la prise de risque entre l’enfance et l’adolescence, la diminution de la prise de risque entre l’adolescence et l’âge adulte. Les bases neurocognitives et neuroaffectives de la prise de risque, les influences hormonales, les interactions génotype/environnement, etc. sont précisées. La perspective contextuelle: l’homme qui prend des risques ne vit pas sur une île déserte! Les environnements et les contextes sociaux influencent les attitudes et les comportements relatifs au risque des individus, à commencer par le plus important d’entre eux, l’environnement familial, concernent les influences des autres milieux. Les pairs l’établissement scolaire, le quartier, les médias, la société, l’époque. Enfin, est étudié ce que nous apprennent les approches sociologiques, ethnologiques et anthropologiques de la prise de risque.



La folie en partage
De l’engagement thérapeuthique dans la clinique des psychoses

Gaetano Benedetti
Erès, 20 €



Dans cet ultime ouvrage, expression de toute une vie consacrée à l’étude des techniques psychothérapeutiques possibles pour les patients psychotiques graves, Gaetano Benedetti transmet passion et sa compétence qui apporte le témoignage d’un travail clinique à la fois scientifique et profondément humain.
Une fois encore, Gaetano Benedetti pense la psychothérapie des psychoses comme la confrontation entre deux fermetures : une fermeture autistique du côté du patient, lequel vit la relation à l’autre, au monde et à lui-même comme risquée, dangereuse, incertaine et, du côté du thérapeute, une fermeture symbolique à l’égard du monde psychotique, qui confine parfois à la stigmatisation et à la violence. En s’intéressant ici plus particulièrement aux rêves, il relève, détaille et analyse, à travers les relations transférentielles inconscientes qui se jouent et se nouent entre patient et thérapeute, la dimension et la fonction thérapeutiques de certains rêves, qui s’avèrent essentielles lorsque les voies traditionnelles de l’interprétation ne peuvent être empruntées.


   

EDITORIAL
Certifions ! Certifions!
B. Garnier

Ce sont sept certificats médicaux qui sont désormais nécessaires, en moins de 15 jours, pour la mise en œuvre de soins sous contrainte à la demande d’un tiers et à leur validation par le Juge des Libertés.
On ne peut manquer devant cette forte demande certicatrice, d’être pris d’une certaine perplexité nous amenant à quelques réflexions.
Rappelons qu’un certificat, étymologiquement, se rapporte au latin « certus », qui traite de ce qui est vrai. Il en découle que le sens d’un certificat et d’engager son rédacteur à dire la vérité, à moins que par extension, il ne s’agisse d’apporter la vérité d’un savoir, d’une analyse, ou d’une décision. Pertinence et sincérité vienne donc se téléscoper dans le contenu attendu de ce certificat. Ceci est singulier car dans les certificats attendus figurent deux composantes : un descriptif de l’état mental du patient à un moment donné, sur lequel la part de sincérité du rédacteur est, par principe, celle de sa responsabilité engagée dans la signature du certificat (bien que jurer que ce que l’on dit est vrai ne constitue pas une preuve) et un deuxième point qui est l’évaluation au titre d’une vérité liée à la pertinence de l’évaluation : « je sais que ce patient doit ou ne doit pas être soigné contre son gré ».
Un autre aspect notable de cette abondante certification est qu’elle est, manifestement, destinée à protéger celui qui est privé de liberté, de l’idéologie, de l’incompétence, voire des possibles intentions malveillantes que pourrait avoir celui qui prive de liberté, fut-il le Directeur de l’hôpital, mais sur avis médical. Hors c’est bien à celui dont on se méfie que l’on demande abondamment de jurer qu’il a bien raison de mettre en application ce qu’il a décidé. Le regard judiciaire est donc le chaînon manquant qui permet de sortir de cette dialectique infernale où le psychiatre serait à la fois juge et partie. Mais sur quels arguments de fond: les certificats médicaux.
Rappelons également que cette évolution de la législation sur les soins sous contrainte, et ce nombre étonnant de certifications à produire en si peu de temps, vient à un moment où le maître mot est celui de traçabilité, argument essentiel de la certification, des hôpitaux cette fois.
Laquelle traçabilité n’est pas dénuée d’ambiguë dans le sens où ce qui doit être fait n’est souvent validé que par celui qui le fait : il suffirait de l’écrire pour que cela soit vrai. L’exercice de la psychiatrie se révèle donc parfois un art de la contorsion. Le psychiatre doit avoir la qualité d’endosser toutes les places: un expert de la pertinence d’une privation de liberté, celui qui permettrait le retour du patient à sa liberté de penser, le suspect d’une complaisance naïve en laissant en liberté de potentiels malades dangereux, mais aussi le coupable possible d’abus d’enfermement dans un espace où il y a de moins en moins de place pour enfermer.

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Bioéthique et droit
Interactions

Philippe Pirnay
Les Etudes Hospitalières, 16


Face au danger de voir progresser les sciences de la vie de manière incontrôlée, la bioéthique a voulu pallier le vide textuel et définir l’ensemble des règles juridiques. Après une réflexion sur les spécificités du droit de la bioéthique, l’auteur se demande pourquoi l’éthique ferait changer le droit. II soulève la question de la fin de vie dans laquelle le droit s’est aventuré. Beaucoup n’acceptant pas l’idée d’un droit qui enregistrerait mécaniquement l’évolution de la société, la question est posée à l’envers: pourquoi le droit prendrait le pas sur l’éthique ?
La loi permet, en matière de bioéthique et de dignité, l’égalité de tous devant elle. L’ouvrage revient sur les deux lois du 29 juillet 1994, dites «  de bioéthique », et sur celle du 6 août 2004, précisant leurs spécificités et analysant le retard de leur réexamen, et plus précisément sur le statut de l’embryon, pour comprendre le rôle du droit sur les sujets éthiques.
Parce que le droit est ici encore silencieux, l’ouvrage propose enfin une réflexion sur la greffe du visage où questions éthiques et juridiques s’emmêlent. Les réponses révisables sans cesse montrent que ces questions d’éthique sont difficiles à traduire en droit et difficiles à réformer ; c’est pourquoi éthique et droit restent complémentaires.


Numerus Clausus
Pourquoi la France va manquer de médecins

Daniel Wallach
Springer, 15  €

A partir de la lecture du Quotidien du Médecin, D. Wallach raconte l’histoire du numerus clausus instauré en France en 1971 à l’entrée en deuxième année des études de médecine.
La première partie détaille les arguments présentés par les partisans et les opposants du numerus clausus, les motivations universitaires, hospitalières, politiques, économiques, syndicales. Une seconde limitation aux études médicales a été mise en place dans les années 1980, au niveau de l’accès au troisième cycle, préparant soit à la médecine générale, soit à une spécialité. Les détails de l’évolution menant de l’internat des hôpitaux aux Epreuves Classantes Nationales sont racontés, avec l’exposé des nombreux projets qui ont été imaginés, et pour certains réalisés. La motivation essentielle des décideurs a été de mettre fin à l’élitisme de l’internat traditionnel et de valoriser la médecine générale.
La seconde partie de ce livre détaille les difficultés de cette entreprise.
Dans une troisième partie, D. Wallach raconte les tentatives de modification de la structure du pouvoir médical dans les hôpitaux, marqué par une organisation féodale où l’autorité vient d’un décret du régime de Vichy, jamais abrogé. Ni le mouvement de Mai 1968 ni le projet de département des gouvernements socialistes des années 1981-1986, ni les tentatives ultérieures, n’ont réussi à mettre fin au «mandarinat». La nouvelle organisation prévue par la loi HPST de 2009 augure de modifications difficiles à anticiper.


Penser notre époque: mutations du sujet ou solutions subjectives?
Cliniques Méditerranéennes n°83, L’Harmattan, 26 €

A la croisée des savoirs et des discours sur l’évolution du droit, de l’institution, de la famille, de la psychanalyse elle-même, les auteur de ce numéro interrogent la réalité d’un éventuel changement psychique et identitaire chez les sujets soumis à de nouvelles donnes collectives. Le choix adopté est d’aller au-delà des idéologies du changement ou de la mutation psychique en psychanalyse pour apprécier la prise par les sujets sur ces dites transformations.


Le psychologue en service de psychiatrie
Pratique clinique

Sous la direction de Caroline Doucet
Elsevier Masson

Cet ouvrage montre comment interviennent les psychologues exerçant en psychiatrie de l’adulte, en psychiatrie infanto-juvénile et dans des services de psychiatrie spécialisés (cellule d’urgence médico-psychologique, personnes âgées, SMPR, alcoologie, etc.). Ainsi, sont abordés l’accueil de la parole du patient, le repérage du déclenchement et de la fonction du symptôme dans l’économie pulsionnelle, le soutien du patient dans la mise en œuvre de solutions symptomatiques à même de rendre sa vie et celle de son entourage plus supportables, la fonction de l’institution pour le patient, l’ouverture auprès des équipes de soins d’un espace permettant d’élaborer la clinique.


La Schizophrénie...
Je murmure tes cris

Vincent Nguyen
Société des Ecrivains, 19 €

Vincent Nguyen se raconte au travers de textes courts et variés. Sa maladie, il en fait une compagne qui ne l’empêche pas de profiter de la vie et d’y ajouter une bonne dose de dérision. Ce livre, qui fait la part belle au langage et aux jeux de mots, montre qu’il est certes difficile mais bien possible de vivre avec cette maladie douloureuse qu’est la schizophrénie.