Retour page éditions

   
   
EDITION
OCTOBRE/NOVEMBRE 2011


SOMMAIRE

EDITORIAL
Evènements indésirables graves associés aux soins, quid de la psychiatrie?

FMC
Pédiatrie et pédopsychiatrie: pour une définition des clauses du contrat de mariage

rencontre avec
Maxine Sacks : à propos des CAT (Cognitive Analytical Therapies)

EVALUATION
Le RIMP peut-il évoluer favorablement pour se rapprocher des pratiques?

psychanalyse
Jenny Aubry, la psychanalyse en blason


voyage
Chronique d’Ukraine:
l’université


FICHES DE LECTURE

L’inconscient, nos croyances et la foi chrétienne
Etudes psychanalytiques et bibliques
Thierry de Saussure
Les Editions du Cerf, 28 €



Thierry de Saussure est psychanalyste, membre des Sociétés suisse et internationale de psychanalyse. Licencié en théologie et en psychologie, diplômé en psychologie de la religion, il a enseigné une trentaine d’années aux universités de Genève, de Neuchâtel et de Lausanne, dont il est professeur honoraire.
Ce livre propose des articles publiés dans des revues ou des contributions à des ouvrages collectifs. Certains textes sont anciens, d’autres très récents. Pour la plupart, ils ont été profondément remaniés, quelques-uns ont été repris presque tels quels.
Thierry de Saussure a choisi de sortir du style et des exigences académiques afin de partager son histoire personnelle, ses expériences psychanalytiques et spirituelles comme ses convictions actuelles en ces domaines, convictions d’ailleurs sans cesse en évolution grâce aux vertus du doute qui fructifie les recherches, du moins celles qui concernent l’humain.


Maltraitance psychologique et résilience
Approche psychosociale et biographique

Michelle Van Hooland
L’Harmattan, 23 €



Ce livre propose une définition psychosociale et biographique de la résilience à partir d’un modèle intégratif et multifactoriel de la santé : résilience à court terme de l’enfant/adolescent et, à long terme, à l’âge adulte. Face à des pratiques communicationnelles, relationnelles, temporelles, spatiales et de projet aliénantes, l’enfant puis l’adolescent cherche à augmenter ses ressources et à réguler l’émotion, à développer des rôles dans le face-à-face relationnel avec l’adulte maltraitant, à construire une identité positive personnelle et sociale et, enfin, à maintenir un projet de soi primordial, à défendre un projet scolaire ou professionnel. A l’âge adulte, il lui appartient de retravailler son histoire sous la forme d’un récit d’enfance qui apparaît comme un nouveau processus de résilience.

L’origine des systèmes familiaux
Tome I L’Eurasie
Emmanuel Todd
Nrf Essais
Gallimard, 29 €



Au terme d’une enquête impliquant l’examen et la mise en fiche des organisations familiales de centaines de groupes humains pré-industriels dans les diverses régions de l’Eurasie (la Chine, le Japon, l’Inde, l’Asie du sud-est, l’Europe, le Moyen-Orient en remontant jusqu’à la Mésopotamie et à l’Egypte ancienne), Emmanuel Todd identifie et définit une forme originelle, commune à toute l’humanité : la famille nucléaire. Il reconstitue le processus de différenciation qui a mené aux émergences, successives ou simultanées, des divers types anthropologiques observables à la veille du déracinement urbain et industriel.
Pour cela, il recourt à une anthropologie diffusionniste et non plus structuraliste et il emprunte à la linguistique le principe du conservatisme des zones périphériques. Il apparaît alors que l’Europe, placée sur la périphérie de l’Ancien monde, est sur le plan familial un conservatoire de formes archaïques; nous sommes restés, pour ce qui concerne l’organisation anthropologique, assez proche de la forme originelle. Pour avoir ignoré des évolutions familiales paralysantes pour le développement technologique et économique, l’Europe a été, durant une brève période, «en tête» de la course au développement, bien que l’Occident n’ait inventé ni l’agriculture, ni la ville, ni le commerce, ni l’élevage, ni l’écriture, ni l’arithmétique.



   

EDITORIAL
Evènements indésirables graves associés aux soins, quid de la psychiatrie ?
Philippe Niel

Les résultats d’une enquête nationale sur les évènements indésirables graves associés aux soins (ENEIS) rééditée en 2009 ont été récemment publiés. Son objectif était d’estimer la fréquence et la part d’évitabilité des événements indésirables graves associés aux soins (EIG) dans les établissements de santé.
Un EIG est défini comme un événement défavorable pour le patient, ayant un caractère certain de gravité (à l’origine d’un séjour hospitalier ou de sa prolongation, d’une incapacité ou d’un risque vital) et associé à des soins réalisés lors d’investigations, de traitements ou d’actions de prévention. Deux ensembles d’EIG ont été distingués, les EIG « causes d’hospitalisation », survenus lors d’une hospitalisation antérieure, lors d’une prise en charge en médecine ambulatoire, par un médecin traitant par exemple et les EIG qui surviennent pendant l’hospitalisation, le plus souvent consécutifs aux soins prodigués lors du séjour. La survenue d’EIG ne signifie pas nécessairement qu’une erreur a été commise. Une part importante des EIG résulte, en effet, de risques auxquels le patient est exposé dans le cadre de soins optimaux. C’est pourquoi seuls certains de ces EIG peuvent être considérés comme « évitables », c’est-à-dire qui n’auraient pas eu lieu si les soins avaient été conformes à la prise en charge considérée comme satisfaisante au moment de sa survenue.
Sur les 8 269 séjours de patients examinés, soit 31 663 journées d’hospitalisation, ont été identifiés 374 EIG, dont 214 survenus pendant l’hospitalisation et 160 à l’origine de l’hospitalisation. Pendant les 7 jours d’observation effectués dans chaque unité, au moins un EIG a été identifié dans 76 des 108 unités de chirurgie et dans 94 des 143 unités de médecine. Parmi ces 374 EIG, 177 ont été considérés comme évitables. Les admissions causées par des EIG représentent 5,3% des séjours en médecine, dont 3,2% dues à des EIG évitables.
Concernant les mécanismes, 1,6% des séjours sont causés par des EIG évitables associés à des produits de santé notamment aux médicaments (1,3% des admissions), 0,8% liés à une procédure et 0,7% par des infections liées aux soins. Concernant les 214 EIG survenus en cours d’hospitalisation, 80 ont été identifiés en médecine. En moyenne, 4,7 EIG surviennent pour 1 000 journées d’hospitalisation en médecine et la densité d’incidence des EIG évitables est de 2,4‰.
Les conséquences des EIG évitables peuvent être variables, prolongation d’hospitalisation (1,7‰), incapacité à la sortie de l’hôpital (0,7‰) ou mise en jeu du pronostic vital (0,7‰).
Concernant les expositions et les mécanismes à l’origine des EIG évitables, en moyenne 1,7 EIG évitable pour 1 000 journées d’hospitalisation sont associés à une procédure (dont 0,9‰ pour les actes invasifs et 0,6‰ pour les interventions chirurgicales), 1, ‰ liés aux produits de santé et 0,9‰ à une infection liée aux soins.
La fragilité du patient est associée à plus de 80% des EIG identifiés pendant l’hospitalisation et le comportement (non compliance, refus de soins) du patient lui-même à un cinquième des cas. Fragilité et comportement du patient sont des facteurs contributifs encore plus fréquents si l’on considère uniquement les EIG évitables. Les causes profondes de survenue des EIG sont évitables et sont très partagées : défaillance humaine des professionnels, supervision insuffisante des collaborateurs et communication insuffisante entre professionnels.
Certainement par souci de comparaison, les activités des services de médecine et chirurgie choisis pour cette enquête sont les mêmes que lors de la précédente étude menée en 2004. Ainsi, aucun service de psychiatrie n’a pu bénéficier de cette étude.
Quelle extrapolation peut on envisager de ces résultats observés en médecine? Certes, en psychiatrie les patients subissent moins de gestes techniques. En revanche, dans les causes évoquées des EIG évitables, on trouve, en bonne place, les médicaments. Les patients hospitalisés ou suivis en CMP ont ils moins de traitements médicamenteux que ceux de médecine ? Sont-ils moins fragiles? Adhèrent-ils plus aux traitements? Quelle est la part des interruptions des traitements dues à la maladie psychiatrique, des refus de soins?
Autant d’interrogations auxquelles les services de psychiatrie doivent se donner les moyens de répondre, notamment en s’appropriant la démarche de signalement des EIG et ceci pour l’ensemble des patients du secteur. Ces signalements des EIG devront permettre de mener des retours d’expériences dont la finalité est de diminuer la part des EIG évitables.
C’est à ce prix que les oubliés de ces enquêtes nationales pourront améliorer la prise en charge de leurs patients.

Vous souhaitez vous procurer ce numéro :

Cliquez sur "T" pour télécharger le journal au format PDF.
Montant: 9,50 euros.

Cliquez sur "A" pour le commander au format papier: envoi direct après règlement par Paiement sécurisé Allopass.
Montant: 12 euros.

Cliquez sur "C" pour télécharger le bon de commande à remplir et adresser par courrier avec le règlement.
Le journal vous sera expédié à réception.
Montant: 12 euros.







Guide pratique de psychiatrie
6e édition, modifiée et augmentée
Serge Tribolet

Heures de France, 29


Ouvrage de référence depuis près de vingt ans, le Guide pratique de psychiatrie n’a pas cessé d’évoluer. En préservant son principe d’une présentation claire et rigoureuse des pathologies et des traitements psychiatriques, il donne une nouvelle dimension. Cette sixième édition modifie son contenu en ajoutant de nombreuses pathologies psychiatriques (démences, perversions, etc.), de nombreux syndromes (voyages pathologiques, déni de grossesse, syndrome de Miinchhausen, syndrome de Stockholm, etc.) et en actualisant toutes les données cliniques, thérapeutiques et législatives. Les conduites d’urgence en psychiatrie, l’examen psychiatrique, l’appréciation d’un état délirant, l’évaluation d’une plainte insomniaque, les complications de l’alcoolisme, l’appréciation du risque suicidaire..., autant de thèmes pratiques qui motivent un abord clair et précis de la sémiologie, du diagnostic et de la thérapeutique.


Pasteur : guerre et paix des microbes
suivi de
Irrédutions

Bruno Latour
La Découverte Poche, 13  €

Entre l’épistémologie, l’histoire et la sociologie des sciences, ce livre, initialement paru en 1984 (éd. Anne-Marie Métailié), redonne aux grands hommes les forces minuscules qui les font grands et savants. Cet exemple, devenu classique en histoire sociale des sciences, invite à revenir sur la division entre rapports de force et rapports de raison, entre politique et savoir. La seconde partie du livre, se présente comme un petit précis de philosophie dans lequel l’auteur se propose de pratiquer, au lieu des réductions qu’impose la division entre science, nature et société, des irréductions. En étudiant le travail de Pasteur et des pastoriens entre 1870 et 1914, Bruno Latour montre comment la bactériologie et la société française se sont transformées ensemble.


Les politiques régionales en France
Sous la direction de Sylvain Barone
La Découverte, 29 €

Trente ans après la décentralisation du début des années 1980 et alors qu’est mise en œuvre une nouvelle réforme territoriale, où en sont les politiques régionales en France? Si les régions ont su se constituer au fil du temps de véritables capacités d’action, leur avenir apparaît aujourd’hui entouré d’incertitudes, que celles-ci concernent leurs ressources financières, l’étendue de leurs compétences, leurs rapports avec les autres collectivités locales ou avec leur propre espace. S’appuyant sur des enquêtes, cet ouvrage propose d’entrer dans le Meccano des politiques régionales et d’en dresser une sociologie, en décryptant leurs modes de fabrication collectifs et leurs évolutions. La première partie traite du «noyau dur» de l’action des régions (lycées, formation professionnelle, TER).
Toutes les régions ne s’approprient pas ces compétences de la même manière, mais toutes se sont appuyées sur elles pour développer de véritables politiques sectorielles. La deuxième partie s’intéresse aux politiques régionales situées au-delà du strict champ de compétences des conseils régionaux, dans des espaces dominés par d’autres acteurs institutionnels (politiques d’enseignement supérieur et de recherche, politiques culturelles, politiques de développement local). La troisième et dernière partie propose une série d’éclairages transversaux. Il y est, en particulier, question de régionalisation et de logiques de territorialité en France et en Europe, de rapports entre régionalisation et métropolisation, de finances régionales et de démocratie participative.

La mondialisation du droit de la santé
Sous la direction de Michel Bélanger
Préface de Anne Laude
Les Études Hospitalières, 32 €

Les réflexions menées sur l’appréhension du droit à la santé parmi les droits fondamentaux montrent combien la mondialisation fait éclater le clivage qui existait entre droits politiques et civiques et droits sociaux, économiques et culturels, en acceptant le caractère indivisible et interdépendant de tous les droits de l’homme.
L’assistance juridique internationale en matière sanitaire contribue au renforcement normatif et influence la codification de nombreux droits de la santé, tels le droit africain de la santé. Plus généralement, l’aide bilatérale ou l’assistance apportée par les organisations du système des Nations Unies participent au mouvement d’unification du droit de la santé, dans le sens de la défense des droits de l’homme et du développement.
Même si les intérêts divergent, il y a une convergence croissante de l’opinion internationale sur la nécessité d’une mondialisation équitable, qui passe, notamment, par l’instauration d’une protection sociale mondiale et universelle.
L’intérêt de la mondialisation du droit de la santé est indéniable ; reste cependant, à s’entendre sur ce qu’elle est vraiment. On peut hésiter entre deux conceptions de la mondialisation du droit de la santé. L’une tenterait de rapprocher les ordres juridiques internes autour des droits fondamentaux. L’autre produit des règles spécifiques liées aux marchés et symboliserait le retour à l’état de nature et à la loi du plus fort.