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EDITION
SEPTEMBRE
2010


SOMMAIRE

EDITORIAL
Hommage à Hélène Chaigneau

FMC
Les troubles de l'adaptation et de la personnalité


Entretien avec
Georges Pragier et Sylvie Faure-Pragier à propos de
"Repenser la psychanalyse avec les sciences"

FRANCOPHONIE
Voyage au coeur de la psychiatrie sénégalaise



FICHES DE LECTURE

Repenser la psychanalyse avec les sciences
Georges Pradier
Sylvie Faure-Pradier

PUF



Dans Repenser la psychanalyse avec les sciences, Georges Pragier et Sylvie Faure-Pragier réalisent une jolie prouesse. Ils présentent, en effet, avec clarté quatre théories scientifiques contemporaines et ils en dérivent les inflexions que la métapsychologie psychanalytique pourrait en tirer pour ses modèles.
Sylvie et Georges Pragier ont eu, tout d’abord, une carrière hospitalière en médecine interne (et en immunologie), puis ils se sont orientés vers la psychiatrie, et enfin vers la pratique exclusive de la psychanalyse (ils sont tous deux membres titulaires de la Société Psychanalytique de Paris). De leur amour initial de la science «classique» est resté quelque chose en eux et ils se sont essayés au jeu de la translation des métaphores de cette dernière vers l’analyse.
En 1990 ils ont présenté un rapport sur ce thème au Congrès annuel des Psychanalystes de Langue Française.
Le présent ouvrage vient à sa suite, en 2007. Rencontrons-les dans l’après-coup de ces réflexions, après les nombreuses conférences qu’ils ont été amenés à donner sur ces thèmes…

   

EDITORIAL
Hommage à Hélène Chaigneau, 1919-2010
J. Puel-Nohra

Hélène Chaigneau vient de nous quitter en cette fin Août 2010 après une vie consacrée à la Psychiatrie et au Service Public, dont elle avait fait des repères essentiels pour sa pensée et son action. Pour beaucoup de ses disciples, anciens élèves et collaborateurs c’est « la Patronne » qui s’en va, terme affectueux et plein de respect que nous utilisions pour nous adresser à elle ou l’évoquer. Patronne, elle l’était véritablement, dans sa manière bien à elle d’assumer sa fonction et sa responsabilité de Médecin-Chef, mais aussi par sa présence attentive pour écouter et soutenir, enseigner et transmettre. Ecouter les patients, c’est le moins que puisse faire un psychiatre me direz-vous ! Écouter avec patience, avec respect de la différence, sans précipiter les solutions plaquées et les orientations bâclées, cela est plus difficile et plus rare.

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Trouble déficit de l’attention avec ou sans Hyperactivité : de la théorie à la pratique
Sous la direction de O. Revol et VO Brun
Collection Rencontres en rééducation,
Editions Elsevier Masson


Cet ouvrage reprend un des thèmes discutés lors des XXXVIIIes Entretiens de Médecine Physique et de réadaptation qui s’est déroulé à Montpellier le 5 mars 2010. L’originalité repose sur un point de vue de la médecine rééducative. Au-delà des querelles idéologiques, ce livre regroupe une dizaine d’interventions qui reprennent les différents aspects du trouble déficit d’attention / hyperactivité. La première partie est plus clinique et centrée sur le diagnostic et l’évaluation neuropsychologique et psychomotrice ainsi que les comorbidités psychiatriques. Le devenir de ce trouble à l’âge adulte met l’accent sur l’atteinte des fonctions exécutives et le déficit attentionnel qui apparaissent comme l’aspect majeur du trouble, laissant l’hyperactivité en second plan. La deuxième partie aborde les différents aspects thérapeutiques : médicamenteux, psychothérapeutiques, rééducatifs (approche métacognitive). Les abords psychomoteurs et scolaires font l’objet de chapitres à part entière. Ce livre donne un point de vue sur les déficits de l’attention concis et accessible tant au niveau théorique que pratique.
J. Gauillard.



La santé au régime néolibéral
Savoir/agir n°5 Editions du Croquant, 15 euros

Dans un article introductif, Frédéric Pierru revient sur l’idée de « marchandisation » de la santé, montrant qu’elle est loin de se cantonner à la «privatisation», c’est-à-dire au recul, pour l’instant modeste même s’il est bien réel, de l’assurance maladie  publique» au profit des organismes complémentaires. Dans une première partie, les articles de Bernard Friot et Laurence Poinsart, de Daniel Benamouzig et de Elizabeth Labaye reviennent sur l’enjeu central de la réforme de l’assurance maladie: la redéfinition, dans un sens toujours plus restrictif, de son «périmètre». B. Friot et L. Poinsart replacent l’évolution des recettes de l’assurance maladie, en faveur de l’impôt (CSG) et des primes versées aux organismes complémentaires aux dépens de la cotisation sociale, Dans un deuxième temps, le dossier explore la face moins connue du néolibéralisme en santé. Les articles de deux économistes hétérodoxes Philippe Batifoulier et Jean-Paul Domin s’intéressent à la façon dont l’Etat s’échine à construire de toutes pièces un « marché de la santé ». Patrice Pinell rappelle que l’analyse sociologique ne saurait entériner les prétentions des options néolibérales à s’imposer de l’extérieur, unilatéralement et implacablement, aux acteurs du monde de la santé : l’autonomie du champ médical, depuis sa structuration à la toute fin du XVIIe siècle, a été l’objet de redéfinitions successives au gré de l’évolution des rapports de force en son sein et, de nos jours, les « contraintes » imposées de l’extérieur par l’administration de la santé ou les associaticiis de malades et d’usagers (entre autres) sont aussi des ressources pour un segment réformateur de l’élite médicale dans la lutte pour le pouvoir dans le champ médical. Enfin, troisième et dernier temps, François Buton souligne que le « renouveau » de la santé publique française, qui a démarré à la fin des années 1980, ne saurait être en aucune façon considéré comme le contrepoids à la privatisation larvée de l’assurance maladie. Claude Thiaudière, quant à lui, en s’appuyant sur l’exemple du handicap, insiste sur les phénomènes de vases communicants entre le «social» et le «sanitaire».