Trouble déficit de l’attention avec ou sans Hyperactivité : de la théorie à la pratique
Sous la direction de O. Revol et VO Brun
Collection Rencontres en rééducation,
Editions Elsevier Masson
Cet ouvrage reprend un des thèmes discutés lors des XXXVIIIes Entretiens de Médecine Physique et de réadaptation qui s’est déroulé à Montpellier le 5 mars 2010. L’originalité repose sur un point de vue de la médecine rééducative. Au-delà des querelles idéologiques, ce livre regroupe une dizaine d’interventions qui reprennent les différents aspects du trouble déficit d’attention / hyperactivité. La première partie est plus clinique et centrée sur le diagnostic et l’évaluation neuropsychologique et psychomotrice ainsi que les comorbidités psychiatriques. Le devenir de ce trouble à l’âge adulte met l’accent sur l’atteinte des fonctions exécutives et le déficit attentionnel qui apparaissent comme l’aspect majeur du trouble, laissant l’hyperactivité en second plan. La deuxième partie aborde les différents aspects thérapeutiques : médicamenteux, psychothérapeutiques, rééducatifs (approche métacognitive). Les abords psychomoteurs et scolaires font l’objet de chapitres à part entière. Ce livre donne un point de vue sur les déficits de l’attention concis et accessible tant au niveau théorique que pratique.
J. Gauillard.
La santé au régime néolibéral
Savoir/agir n°5 Editions du Croquant, 15 euros
Dans un article introductif, Frédéric Pierru revient sur l’idée de « marchandisation » de la santé, montrant qu’elle est loin de se cantonner à la «privatisation», c’est-à-dire au recul, pour l’instant modeste même s’il est bien réel, de l’assurance maladie publique» au profit des organismes complémentaires. Dans une première partie, les articles de Bernard Friot et Laurence Poinsart, de Daniel Benamouzig et de Elizabeth Labaye reviennent sur l’enjeu central de la réforme de l’assurance maladie: la redéfinition, dans un sens toujours plus restrictif, de son «périmètre». B. Friot et L. Poinsart replacent l’évolution des recettes de l’assurance maladie, en faveur de l’impôt (CSG) et des primes versées aux organismes complémentaires aux dépens de la cotisation sociale, Dans un deuxième temps, le dossier explore la face moins connue du néolibéralisme en santé. Les articles de deux économistes hétérodoxes Philippe Batifoulier et Jean-Paul Domin s’intéressent à la façon dont l’Etat s’échine à construire de toutes pièces un « marché de la santé ». Patrice Pinell rappelle que l’analyse sociologique ne saurait entériner les prétentions des options néolibérales à s’imposer de l’extérieur, unilatéralement et implacablement, aux acteurs du monde de la santé : l’autonomie du champ médical, depuis sa structuration à la toute fin du XVIIe siècle, a été l’objet de redéfinitions successives au gré de l’évolution des rapports de force en son sein et, de nos jours, les « contraintes » imposées de l’extérieur par l’administration de la santé ou les associaticiis de malades et d’usagers (entre autres) sont aussi des ressources pour un segment réformateur de l’élite médicale dans la lutte pour le pouvoir dans le champ médical. Enfin, troisième et dernier temps, François Buton souligne que le « renouveau » de la santé publique française, qui a démarré à la fin des années 1980, ne saurait être en aucune façon considéré comme le contrepoids à la privatisation larvée de l’assurance maladie. Claude Thiaudière, quant à lui, en s’appuyant sur l’exemple du handicap, insiste sur les phénomènes de vases communicants entre le «social» et le «sanitaire».
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