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EDITION OCTOBRE 2009


SOMMAIRE

EDITORIAL
Le normal et le pathologique

FMC
La médiation en psychiatrie : une réponse à la victimisation ?


ENTRETIEN
avec Frédéric Scheider
A propos de "Arthaud de Lyon, aliéniste missionnaire"


THERAPEUTIQUE
Recueil des pratiques d'utilisation des antipsychotiques injectables à action prolongée, atypiques et conventionnels, dans les psychoses


DELINQUANCE SEXUELLE
Pathologie narcissique et psychothérapie de groupe ou comment des auteurs d'agressions sexuelles accèdent au statut de "patient"


FICHES DE LECTURE

Histoire de l’homicide en Europe
De la fin du Moyen Age à nos jours

Sous la direction de
Laurent Mucchielli et
Peter Spierenburg
La Découverte, 27 euros




Dans son ouvrage La Civilisation des mœurs, Norbert Elias faisait l’hypothèse de l’existence d’un processus de civilisation traversant l’histoire des sociétés européennes depuis la fin du Moyen Age et réduisant le niveau des violences physiques interpersonnelles. Pourtant, l’idée d’un «retour à la violence physique» - fortement médiatisé et politisé - prédomine dans les sociétés occidentales où l’«insécurité» est redevenue un sujet majeur. Replaçant ces débats dans une perspective historique et comparative, douze historiens et sociologues, spécialistes de l’étude du crime, dressent un bilan des connaissances scientifiques inédit en langue française. Ils livrent, d’abord, une discussion méthodologique pour déterminer la valeur des statistiques en matière d’homicide et l’intérêt qu’elles représentent pour mesurer l’évolution des violences physiques dans l’histoire des sociétés européennes. Ils montrent, ensuite, quels sont les lieux, les protagonistes (auteurs et victimes) et les motifs des homicides tout au long de cette histoire, de même que le rôle qu’a joué leur répression judiciaire croissante. A travers cette histoire du crime de sang, on voit apparaître l’histoire des rapports sociaux (entre les hommes et les femmes, entre les jeunes et les vieux, entre les dominants et les dominés), l’histoire des codes sociaux et des représentations sociales (l’honneur, l’offense, la vengeance), ainsi que l’histoire de la construction de l’Etat et de son « monopole de la violence légitime ».


   

EDITORIAL
Le normal et le pathologique en santé mentale
G. Massé

Préciser l’interface entre le normal et le pathologique en santé mentale apparaît aujourd’hui d’autant plus nécessaire que de nouveaux enjeux s’imposent à la Psychiatrie, discipline médicale confrontée à une extension des demandes, notamment du fait de l’émergence du concept de « souffrance psychique », lourdement ressentie par les personnes qui en sont affectées, mais non liée à une maladie mentale clairement repérable. Le Plan Santé mentale 2005-2008 précise dans son préambule que « la santé mentale comporte trois dimensions : la santé mentale positive qui recouvre l’épanouissement personnel, la détresse psychologique réactionnelle qui correspond aux situations éprouvantes et aux difficultés existentielles, et les troubles psychiatriques qui se réfèrent aux classifications diagnostiques renvoyant à des critères, à des actions thérapeutiques ciblées et qui correspondent à des troubles de durée variable plus ou moins sévère et handicapante ».

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La sociologie de la délinquance juvénile
Gérard Mauger
Collection Repères
La Découverte


On a, jusqu’à présent, confondu « délinquance » (ce que mesurent les statistiques judiciaires et policières), « délinquance juvenile » (la part de la délinquance des « jeunes », juridiquement ou sociologiquement définis) et « bandes de jeunes » (la délinquance des jeunes des classes populaires), alors que ces trois notions sont sociologiquement distinctes. Pour l’essentiel, ce livre aborde la délinquance attribuée aux bandes de jeunes en précisant que toute délinquance n’est pas imputable à cette forme de sociabilité et que tous les groupes, plus ou moins cristallisés, de jeunes des classes populaires ne sont pas délinquants. Le monde des bandes peut être défini comme le répertoire des formes de sociabilité propres aux jeunes des classes populaires qui font l’objet, à tort ou à raison, d’une présomption de délinquance des groupes de pairs qui se mettent en place au hasard des relations de voisinage, homologues populaires, des groupes de condisciples des quartiers bourgeois aux bandes délinquantes plus ou moins conformes à tel ou tel stéréotype. Après avoir abordé quelques-uns des problèmes que pose la construction de la délinquance des jeunes des classes populaires, ce livre évite la compilation des théories de la délinquance juvénile en présentant quelques interprétations dans une perspective délibérément cumulative. Il ébauche, ensuite, une histoire sociale de la délinquance des jeunes des classes populaires, des blousons noirs aux loubards, des loubards aux jeunes des cités en s’efforçant de mettre en évidence les invariants et les variations du phénomène.


La ballade de l’ancien asile
Traduit de l’italien par Danièle Faugeras et Pascale Janot
Paolo Universo
Erès, 12 euros

Après des débuts brillants qui l’amènent à fréquenter les milieux littéraires milanais, Paolo Universo (1934-2002), poète précoce et prolixe, renonce à la publication au nom d’une « poésie honnête » , se vouant alors à une existence littéraire solitaire, excentrique et tourmentée, dont le prix à payer sera une condition sociale précaire et la souffrance de voir son humanité niée. Il va donc se tourner vers ceux qui, comme lui, sont des laissés-pour compte de la modernité (les marginaux, les « fous » et devenir un personnage dérangeant. Les années 1970, marquées à Trieste par la fermeture des hôpitaux psychiatriques sous l’impulsion de la pensée et du travail de Franco Basaglia, vont être à l’origine d’écrits satyriques contre le pouvoir psychiatrique, telle la présente Ballata del vecchio manicomio.


Les chiffres du crime
Statistiques criminelles et contrôle social
(France, 1825-2006)

Nicolas Bourgoin
L’Harmattan, 17,50 euros

Ce livre analyse les changements à l’origine des variations de la criminalité légale depuis près de deux siècles : économiques (répression accrue de la criminalité contre les biens pendant les périodes de récession), politiques (répression accrue de la criminalité contre la chose publique sous les gouvernements autoritaires, en particulier au 19e siècle) et sociaux (répression accrue des agressions contre les enfants à partir du milieu du 19e siècle, en lien avec les lois sur la protection de l’enfance, puis répression accrue contre les viols à partir de la décennie 1970, à l’époque des mouvements féministes). La comptabilité des faits relatifs aux condamnations est un outil qui a permis au pouvoir de rationaliser son économie répressive. Pour l’auteur, la statistique, science étatique par excellence, est en quelque sorte le versant chiffré des politiques de contrôle social.