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EDITION MAI 2009


SOMMAIRE

EDITORIAL
Destigmatiser

FMC
Mortalité et schizophrénie


ENTRETIEN
avec Maurice Berger
La pathologie des traumatismes relationnels précoces


BIOGRAPHIE
Gilbert Robin (1893-1967)
Itinéraire d’un neuro-psychiatre au service de la cause infantile


CLINIQUE
Trouble unipolaire - trouble bipolaire : comparaison clinique et évolutive thérapeutique


THERAPEUTIQUE
Les maladies mentales graves, de la pratique à la thérapeutique


HUMEUR
Quelques réflexions sur l’économie de la santé



FIches de lecture

L’enfant porte-symptOme
Couple, parentalité, éducation, école
Serge Baumgarten
LHarmattan, 24,50 euros


enfant

C’est à un recensement de données fournies par de nombreux bilans psychologiques et une étude des facteurs pouvant induire des troubles de l’apprentissage ou du comportement, que s’est consacré l’auteur dans le but de mettre en évidence les liens possibles les perturbations du fonctionnement psychique et intellectuel de l’enfant d’un côté, et l’environnement et sa biographie, de l’autre.

AccueiLLir des femmes en dEtresse
Le quotidien d’un centre d’hébergement
Isabelle Affolter
Erès, 10 euros


emmedetresse

Dans les années 1980, des centres d’accueil pour femmes victimes de violences conjugales fleurissent sur le territoire. Chaque institution est marquée par les circonstances de sa naissance et par ceux qui la font vivre, autant du côté des professionnels que des usagers. Ce livre raconte l’histoire d’un lieu, les histoires des femmes qui y sont passées plus ou moins rapidement, qui y ont vécu parfois longtemps : histoires de rencontres, histoires de vie.

La neuroEthique
Ce que les neurosciences font à nos conceptions morales
Bernard Baertschi
La Découverte, 18 euros

neuroethique

Au-delà des problématiques proprement éthiques, le domaine de la neuroéthique s’étend à des questions philosophiques fondatrices, que les neurosciences renouvellent : la nature de l’être humain, les rapports de l’âme et du corps, le libre arbitre ou l’identité personnelle. Cet ouvrage est principalement consacré à quatre de ces questions : le rôle, classiquement dévalorisé par les philosophes, des émotions dans nos décisions morales; la place de la responsabilité et de la liberté individuelle à l’épreuve du déterminisme cérébral ; l’observation des états mentaux à travers la neuro-imagerie qui réactive un vieux rêve, lire dans l’esprit ; et, enfin l’amélioration des capacités humaines que promettent les médicaments du cerveau.

   

EDITORIAL
Destigmatiser
G. Massé

Cette année, à nouveau, la semaine d’information en santé mentale associe des actions, sur un plan national concernant le grand public mais aussi les partenaires médicaux, sociaux et éducatifs. Pour faire évoluer les esprits, l’information doit surmonter un certain nombre d’obstacles : une image floue des évolutions en cours, l’absence d’un discours unitaire des professionnels de la psychiatrie, un système de santé mentale encore mal assuré et le statut propre de la psychiatrie.

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Ma mère est schizophrène
Schizophrénie et parentalité
Sous la direction de Benoît Bayle
Cahier Marcé n° 3
Erès, 23 euros


Le titre de cet ouvrage est un appel, celui lancé par des enfants de mères schizophrènes, devenus adolescents ou adultes, dialoguant sur le net, à l’occasion de forums de discussions. « Ma mère est schizophrène » dit leur souffrance, mais aussi l’importance d’un soin pensé dès la grossesse et la naissance, dans la continuité, au fil du développement de l’enfant. Les progrès thérapeutiques ne dispensent en rien du travail d’accompagnement et de soutien psycho- logique, social et éducatif, surtout lorsque l’enfant paraît et que ta femme schizophrène devient mère... Les professionnels qui s’y attèlent ont alors à lutter contre l’essoufflement, oser accompagner par-delà les peurs, affermir le réseau de soin, se former, mener les actions thérapeutiques, sociales et parfois judiciaires nécessaires, évaluer la pertinence des actions auprès des mères schizophrènes et de leurs enfants..., sous l’œil, précisément, des enfants eux-mêmes. Cet ouvrage rend compte de ce travail qu’ils doivent mettre en œuvre afin de préserver et l’enfant et la mère, d’une pathologie qui impose, sinon, ses effets dévastateurs et aliénants.


Inégaux face à la santé
Annette Leclerc, Monique Kaminski,
Thierry Lang
La Découverte, 21,50 euros


Ce livre fournit des informations sur la réalité des inégalités sociales de santé dans la France d’aujourd’hui. Il rassemble aussi les connaissances sur les mécanismes qui en sont à l’origine et sur des exemples d’interventions mises en œuvre et évaluées dans différents pays, même si ces connaissances sont encore limitées. Dans une première partie, sont examinées les différents âges de la vie. Les problèmes, mais également les connaissances épidémiologiques, ne sont pas identiques selon les périodes de l’existence. La deuxième partie aborde les situations spécifiques à différentes pathologies. La priorité a été donnée à des maladies fréquentes, invalidantes ou présentant un risque vital : cancers, maladies cardiovasculaires, santé mentale, ainsi qu’au VIH-sida qui, comme les problèmes de santé mentale, touche une population relativement jeune et fait l’objet, en France, d’études assez nombreuses et variées. La troisième partie concerne, successivement, un ensemble de facteurs mis en cause dans la formation des inégalités sociales de santé. Ceux-ci ont été regroupés sous trois grands thèmes : l’environnement, physique et professionnel, les comportements ou styles de vie et le rôle des soins. Le dernier chapitre est consacré aux interventions.


Lieux d’asile en milieu hostile
Rhizome, Octobre 2008 n°32
Bulletin national santé mentale et précarité


Qu’en est-il de l’asile aujourd’hui ? La question concerne les précaires, les demandeurs d’asile, et bien sûr, les personnes atteintes de pathologie mentale. Beaucoup insistent sur la différence entre une institution asilaire, toujours critiquée, et une fonction asilaire devenue, au fil des ans, de plus en plus chère, à la mesure de sa raréfaction. Selon Patrick Confalionieri, du côté du sujet malade, la fonction d’asile reste pertinente, rappelant que « pour l’homme sans asile, la condamnation à l’errance prend pour lui le nom de folie ». Si l’historien met en garde contre la fonction asilaire des asiles disparus, le praticien fait actuellement d’autres constats. Certes, plusieurs textes décrivent avec conviction la valeur évidente de l’accueil dans des néoasiles (refuges, accueils de jour et de nuit) qui se développent à bas bruit dans les dispositifs de l’urgence sociale. Mais, dans ces nouveaux dispositifs, fragmentaires, réticulaires, modulaires, on ne peut se réfugier longtemps. On sait même que les nords américains ont créé le concept de « sheltarization » pour dire le risque d’enkystement dans ces types de situations à réseaux entrecroisés. L’insistance portée sur l’inconditionnalité, le bas seuil et l’accessibilité n’est pas seulement technique, c’est la figure de l’indésirable, et non plus celle du fou, qui s’affirme. Dans le même sens, l’émergence d’une figure presque ignorée, celle de la displaced person dans le champ de la demande d’asile comme dans les camps de réfugiés, constitue un signe fort du changement en cours. Cette figure fait écho à une menace diffuse, incertaine, irrationnelle mais bien réelle. Comme le documente Miguel Benasayag en ce qui concerne la ville, le milieu est devenu hostile, l’asile est en miettes, et la ville pourrait fonctionner sans hommes comme autant de modules inhabitables.


Démarche clinique en neurologie du développement

Claudine Amiel-Tison, Julie Gosselin
2ème édition
Collection Neuropsychologie
Elsevier Masson, 42 euros


La première partie de ce livre, qui est théorique, a été révisée dans cette deuxième édition. En effet, les exigences ont évolué, des conduites pour le diagnostic et la prise en charge ont récemment été élaborées par consensus. Les méthodes d’évaluation en matière de pathologie du développement, la nosologie (constamment évolutive), la conduite des explorations à la recherche d’un diagnostic précis et la programmation de la prise en charge de l’enfant et de sa famille sont exposées. La deuxième partie est faite de la présentation d’enfants suivis en consultation. Le choix des cas est orienté vers les pathologies fréquentes, ce ne sont que des exemples pour encourager la pratique d’une démarche clinique. A propos des références, la liste n’est pas exhaustive. Seules les références les plus classiques, les plus récentes, sont indiquées à la fin de chaque chapitre. Peu de changements ont été apportés à l’analyse des cas cliniques, mais chaque fois que possible, il est « donné des nouvelles » sur l’évolution de l’enfant quatre années plus tard.


Le couple et l‘épreuve du temps
L’odyssée du couple
Annie de Butler Erès, 23 euros

A travers cette étude, Annie de Butler lance un défi aux idées dans l’air du temps qui confondent l’amour conjugal et le feu de paille qu’est la passion. Sans sous-estimer les multiples embûches qui émaillent la vie conjugale, elle montre que la thérapie de couple représente, pour des conjoints en souffrance, un moyen de prendre du recul et de nouvelles orientations permettant à chacun de découvrir sa place dans le lien à l’autre.